Les colliers connectés pour chiens et chats se concentrent généralement sur une fonction : retrouver un animal lorsqu’il s’éloigne. PETPOGO veut aller plus loin avec un écosystème mêlant localisation, communication à distance et analyse du comportement. Au centre de cette proposition se trouve le PetPhone, complété par l’application petpogo et, prochainement, par une petite caméra baptisée PetCam.
Présenté à Berlin en marge de l’IFA 2026, cet ensemble est développé dans l’écosystème d’uCloudlink, entreprise spécialisée dans la connectivité mobile. L’idée n’est donc pas seulement d’ajouter de l’intelligence artificielle à un traceur GPS : PETPOGO cherche à maintenir un lien entre le propriétaire et son animal lorsque les deux sont séparés, tout en faisant remonter des informations sur ses déplacements, son activité et certains changements de comportement.

Un « smartphone pour animaux » qui se porte au collier
Malgré son nom, le PetPhone n’est évidemment pas un smartphone miniature doté d’un écran. Il prend la forme d’un boîtier compact à fixer au collier d’un chien ou d’un chat. La marque utilise le terme de téléphone pour insister sur ses fonctions de communication, rendues accessibles depuis l’application petpogo sur le smartphone du propriétaire.
L’appareil mesure 55 x 33 x 18,5 mm pour un poids annoncé de 37 grammes. PETPOGO le recommande pour les animaux pesant environ 3,5 kg ou plus. Cette limite mérite d’être prise en compte pour les chats de petit gabarit et les très jeunes animaux, car le confort dépendra aussi du collier utilisé et de la morphologie de l’animal. Deux coloris sont proposés, rose et vert.

Le boîtier bénéficie d’une certification IP67. Il est donc protégé contre la poussière et contre une immersion accidentelle, sans pour autant être présenté comme un accessoire destiné à la baignade. Sa batterie de 600 mAh offrirait jusqu’à cinq jours d’utilisation selon la marque. Cette autonomie maximale devrait logiquement varier en fonction de la qualité du réseau, de la fréquence de localisation et de l’usage des appels. La recharge passe par une interface magnétique.
Pour la localisation, le PetPhone combine plusieurs technologies : GPS et GPS assisté en extérieur, positionnement par réseau mobile ou Wi-Fi en intérieur, Bluetooth et radar de proximité. L’objectif est de conserver une information exploitable lorsque le GPS devient moins précis, par exemple à l’intérieur d’un bâtiment.
Le système s’appuie par ailleurs sur une CloudSIM et ne demande donc pas l’installation d’une carte SIM physique. PETPOGO annonce une compatibilité avec plus de 390 opérateurs dans plus de 200 pays et régions. La portée n’est toutefois pas réellement illimitée : elle reste dépendante de la couverture réseau disponible.

Des appels à distance et une IA chargée d’interpréter les comportements
L’application petpogo constitue le véritable centre de contrôle du dispositif. Elle permet de localiser l’animal, de consulter l’historique de ses déplacements et de définir des zones de sécurité. Si le chien ou le chat approche d’une limite ou la franchit, le propriétaire peut recevoir une notification, voire un appel d’alerte. Plusieurs niveaux de zones peuvent être configurés afin de différencier un simple avertissement d’une situation nécessitant une réaction immédiate.
Le PetPhone se distingue surtout des balises GPS classiques par ses fonctions audio. Son haut-parleur permet de parler à son animal à distance, de diffuser un message préenregistré ou de lancer une musique familière pour tenter de le rassurer. Une bibliothèque vocale peut accueillir les propres enregistrements du foyer, tandis qu’un espace familial permet de partager les alertes et les informations entre plusieurs personnes.

PETPOGO présente également une fonction d’appel bidirectionnel. Le propriétaire peut joindre l’animal depuis son téléphone et, dans certaines situations, l’intelligence artificielle peut déclencher automatiquement un appel vers le maître lorsqu’elle détecte un état inhabituel. L’animal ne compose donc pas un numéro : le système analyse ses sons et ses mouvements pour décider qu’une interaction peut être nécessaire.
Cette analyse repose sur un capteur de mouvements, la reconnaissance acoustique et une calibration censée s’adapter progressivement à l’environnement ainsi qu’aux habitudes de l’animal. L’application traduit ensuite ces signaux sous la forme d’indications émotionnelles, d’un journal et d’alertes. Une agitation inhabituelle, des vocalisations répétées ou, au contraire, une baisse d’activité pourraient ainsi être signalées au propriétaire.
La proposition est intéressante, mais il faudra rester prudent face aux interprétations produites. Un algorithme peut identifier une variation de comportement sans nécessairement en connaître la cause. Ces informations doivent donc être considérées comme des indices et non comme un diagnostic vétérinaire.
La précision de la détection émotionnelle, sa capacité à s’adapter à des animaux très différents et la pertinence des alertes devront être évaluées lors d’un test en conditions réelles. PETPOGO précise d’ailleurs que certaines fonctions de suivi du bien-être sont encore prévues pour de futures mises à jour.
La PetCam ajoute le point de vue de l’animal
Pour compléter le PetPhone, PETPOGO prépare une PetCam capable de filmer ce que voit l’animal. Avec ses dimensions de 34 x 34 x 15,5 mm et son poids annoncé de 25 grammes, cette petite caméra pourra être portée au collier afin d’enregistrer les promenades et les moments de vie depuis un point de vue subjectif. Elle pourra également être posée dans une pièce et fonctionner comme une caméra Wi-Fi classique, offrant alors un angle extérieur sur le comportement de l’animal lorsqu’il reste seul.
La PetCam enregistrera en 1080p à 30 images par seconde et disposera de 64 Go de stockage eMMC intégré. Aucun emplacement microSD n’est prévu, mais l’enregistrement en boucle permettra de remplacer automatiquement les séquences les plus anciennes lorsque la mémoire sera pleine. La fiche technique mentionne également le Wi-Fi, le Bluetooth, une batterie de 495 mAh, un éclairage LED pour les prises de vue dans un environnement sombre, une recharge magnétique et une certification IP67.

L’accessoire doit enrichir les données utilisées par l’écosystème, mais il soulève aussi de nouvelles questions. L’autonomie réelle en vidéo, la stabilité de la connexion, la chauffe éventuelle et la protection des images enregistrées seront des points importants à vérifier. La marque évoque une disponibilité de la PetCam en octobre 2026, sans avoir encore communiqué son prix ni les détails de sa commercialisation en France.
Avec le PetPhone et la PetCam, PETPOGO dessine un écosystème plus ambitieux qu’un simple collier GPS. La combinaison de la localisation, des échanges vocaux, du suivi d’activité et de la vidéo peut répondre aux besoins des propriétaires souvent absents ou préoccupés par les fugues.

Le concept possède donc un réel potentiel, à condition que l’analyse émotionnelle se montre suffisamment fiable et que les questions d’autonomie, de confidentialité et de disponibilité en Europe soient clairement encadrées. Le matériel semble cohérent sur le papier ; c’est désormais l’expérience quotidienne qui devra démontrer la valeur ajoutée de cette approche.
