Xiaomi enrichit sa gamme de smartphones pliables avec le Xiaomi 18 Fold, un modèle lancé en Chine qui tente de trouver un équilibre entre les grands appareils au format livre et les petits smartphones à clapet. La marque parle d’un format « intermédiaire » : suffisamment compact une fois fermé pour être utilisé facilement d’une seule main, mais capable de se transformer en petit écran de travail ou de divertissement après ouverture.
Au-delà de cette nouvelle silhouette, le Xiaomi 18 Fold sert également de vitrine technologique au constructeur. Il inaugure la puce maison XRING O3, adopte une architecture renforcée autour de sa charnière et embarque un équipement photo Leica particulièrement ambitieux. L’ensemble est complété par une batterie de 6 000 mAh, une caractéristique encore rare sur un smartphone pliable aussi fin.

Deux écrans aux proportions inhabituelles
Le Xiaomi 18 Fold possède un écran externe de 5,38 pouces, sensiblement plus compact que celui des grands smartphones pliables traditionnels. Son format, proche de celui d’un passeport, doit faciliter la prise en main et l’utilisation à une seule main. La dalle affiche une définition de 1 168 × 1 712 pixels, une fréquence de rafraîchissement adaptative comprise entre 1 et 120 Hz ainsi qu’une luminosité maximale annoncée à 4 000 nits. Elle est protégée par du verre Xiaomi Dragon Crystal Glass 3.0 et entourée d’une bordure noire de 1,23 mm.
Une fois le téléphone ouvert, l’utilisateur accède à un écran AMOLED flexible de 7,58 pouces affichant 2 364 × 1 672 pixels. Xiaomi a choisi des proportions proches de celles d’une feuille de papier, afin de rendre la lecture, la consultation de documents et l’affichage de plusieurs applications plus naturels. Cette dalle LTPO peut également faire varier sa fréquence entre 1 et 120 Hz. Elle profite d’une conception Pol-less, destinée à réduire sa consommation, ainsi que d’un film antireflet.

Les deux écrans utilisent une disposition complète des sous-pixels RGB. Contrairement à certaines matrices qui partagent une partie des sous-pixels, chaque pixel dispose ici de ses trois composantes rouge, verte et bleue. Xiaomi promet ainsi une meilleure netteté et une reproduction plus précise des couleurs.
Le grand écran intérieur est aussi mis à contribution par Xiaomi HyperOS 4. Le système peut afficher deux, trois et jusqu’à six applications simultanément, avec différentes proportions de fenêtres. Certaines applications professionnelles chinoises ont été adaptées, notamment Jianying Pro pour le montage vidéo, WPS dans une interface proche de sa version pour ordinateur et le terminal financier Wind.
Cette dalle flexible repose sur deux couches de verre ultrafin UTG. La couche supérieure mesure 50 micromètres, tandis que la seconde couche de 30 micromètres assure un soutien plus rigide. Selon les mesures de Xiaomi, cette structure améliore la résistance et limite la profondeur moyenne de la pliure à 30 micromètres ou moins. Ces résultats restent toutefois issus de tests internes et devront être vérifiés sur un appareil utilisé quotidiennement.

Une puce XRING O3 pour concurrencer les meilleures plateformes mobiles
Le Xiaomi 18 Fold est le premier smartphone équipé de la XRING O3, une puce conçue par Xiaomi et fabriquée selon un procédé de gravure en 3 nm. Elle réunit 24 milliards de transistors sur une surface de 133 mm² et possède un processeur à dix cœurs pouvant atteindre 4,35 GHz.
Xiaomi annonce une progression de 52 % des performances multicœurs par rapport à sa précédente XRING O1, accompagnée d’une réduction de 25 % de la consommation lors des charges faibles ou intermédiaires. Ces chiffres ont été obtenus avec Geekbench 6.5 et devront donc être considérés comme des comparaisons internes plutôt que comme une garantie de performances identiques dans toutes les applications.
La partie graphique repose sur un nouveau GPU G2-Ultra NX à 16 cœurs. Le constructeur revendique un gain de performances de 84 % et une consommation réduite de 64 % par rapport à la XRING O1. Lors d’un test réalisé sur un jeu en monde ouvert exigeant, le téléphone aurait maintenu 60 images par seconde avec une température de 41,8 °C.

Pour maîtriser la chauffe, Xiaomi utilise un système de refroidissement tridimensionnel à pompe capillaire circulaire. De petits canaux couvrent les principales zones produisant de la chaleur afin d’améliorer la circulation du liquide et sa dissipation.
La XRING O3 intègre également un NPU, c’est-à-dire un bloc spécialement consacré aux calculs d’intelligence artificielle. Son architecture est adaptée au modèle local Xiaomi MiMo et offrirait des performances de décodage en hausse de 45 %. La configuration la plus élevée du téléphone inaugure par ailleurs la mémoire LPDDR6, avec une bande passante annoncée 48 % supérieure à celle de la LPDDR5X-9600.
Xiaomi HyperOS 4 exploite cette puissance pour ses fonctions d’IA. Super XiaoAI 2.0 peut organiser un déplacement, contrôler des appareils domestiques compatibles, préparer l’environnement d’un véhicule ou transférer certaines tâches entre un smartphone, une tablette et un ordinateur. Une partie de ces services reste néanmoins destinée à l’écosystème chinois de Xiaomi.

Un pliable de 219 grammes avec trois appareils photo Leica
Malgré son écran pliable, le Xiaomi 18 Fold limite son poids à 219 grammes. Une fois ouvert, il ne mesure que 5,02 mm d’épaisseur, sans tenir compte du bloc photo. Son cadre est fabriqué en aluminium de série 7, un alliage utilisé pour obtenir une structure à la fois rigide et relativement légère.
La nouvelle charnière Xiaomi Keel utilise un mécanisme à trois articulations. Elle doit soutenir plus uniformément l’écran une fois le téléphone ouvert tout en laissant davantage de place à la dalle lorsqu’il est refermé. Xiaomi affirme également avoir étudié 10 437 angles de chute et apporté 492 modifications à la structure. Le téléphone bénéficie des certifications IP58 et IP59 contre la poussière, l’immersion et les jets d’eau, même si cette protection peut diminuer avec l’usure.

Quatre finitions sont proposées en Chine : rouge Nishino, noir, blanc doré chaud et une édition spéciale rose. Cette dernière utilise un dos en céramique ultralégère à base de nitrure de silicium, obtenu après 40 étapes de fabrication et une cuisson à 1 840 °C.
Le module photo adopte une forme horizontale et réunit trois capteurs développés avec Leica. Le capteur principal de 200 mégapixels mesure 1/1,56 pouce et profite d’une ouverture f/1,7, d’une stabilisation optique ainsi que d’un objectif composé d’un élément en verre et de six lentilles en plastique.
Il est accompagné d’un téléobjectif périscopique de 50 mégapixels ouvrant à f/2,8. Celui-ci propose un zoom optique 3,5x, une stabilisation optique et une focale équivalente de 80 mm particulièrement adaptée aux portraits. Xiaomi évoque aussi un zoom 7x conservant une qualité proche de l’optique. Le troisième module est un ultra grand-angle de 50 mégapixels ouvrant à f/2,4.

Le système Leica Summilux associe des lentilles asphériques, un traitement noir sur leurs bords et un filtre infrarouge conçu pour limiter les reflets parasites. En vidéo, les trois focales peuvent enregistrer en 4K à 60 images par seconde avec Dolby Vision. Le téléphone dispose également d’une stabilisation électronique, de trois microphones et d’un système capable de concentrer la captation sonore sur le sujet filmé.
La batterie constitue un autre point fort de la fiche technique. Malgré la finesse de l’appareil, Xiaomi a intégré un accumulateur Jinshajiang de 6 000 mAh utilisant 20 % de silicium. Sa densité énergétique atteint 920 Wh/L et le constructeur annonce une autonomie de 1,43 jour selon son protocole DOU réalisé avec l’écran intérieur. La recharge filaire atteint 67 W, tandis que la recharge sans fil peut monter jusqu’à 50 W. Une recharge magnétique est également possible avec une coque compatible.

Un smartphone ambitieux encore réservé à la Chine
Avec son format plus compact, ses deux écrans aux proportions originales et son poids contenu, le Xiaomi 18 Fold propose une approche différente des grands pliables actuellement présents sur le marché. Sa puce XRING O3 représente également une étape importante pour Xiaomi, qui cherche désormais à maîtriser davantage les composants essentiels de ses smartphones.
Les tarifs chinois débutent à 10 999 yuans, soit environ 1 310 euros, pour la version 12 Go + 256 Go. La déclinaison 12 Go + 512 Go coûte 11 999 yuans, environ 1 430 euros, tandis que le modèle 16 Go + 512 Go atteint 12 999 yuans, soit environ 1 550 euros. Une première version 16 Go + 1 To est annoncée à 14 999 yuans, environ 1 790 euros, et le modèle le plus haut de gamme équipé de 16 Go de mémoire LPDDR6 et de 1 To de stockage monte à 15 999 yuans, soit environ 1 910 euros.
Le Xiaomi 18 Fold est pour le moment présenté uniquement pour le marché chinois. Xiaomi n’a communiqué ni date de sortie internationale ni prix européen. Son éventuelle arrivée en France dépendra donc autant de la stratégie internationale de la marque que de sa capacité à adapter les nombreuses fonctions logicielles actuellement pensées pour son écosystème chinois.

