Xiaomi vient de lever le voile en Chine sur la version bêta d’HyperOS 4, nouvelle évolution de son système d’exploitation destiné à relier smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connectés et véhicules. Après avoir posé les bases de son écosystème logiciel au fil des précédentes générations, le constructeur concentre cette mise à jour autour de trois priorités : améliorer la fluidité sur la durée, moderniser l’interface et donner davantage de possibilités à son assistant Super Xiao Ai.
Cette première présentation concerne pour le moment le marché chinois. Les fonctions annoncées seront intégrées progressivement pendant la phase de test, avant un déploiement sur un plus grand nombre d’appareils. Xiaomi n’a pas encore communiqué de calendrier pour la France ni précisé quelles nouveautés seront conservées dans la future version internationale.

HyperCore s’attaque aux ralentissements et à la gestion de la mémoire
La principale évolution d’HyperOS 4 se situe sous l’interface. Xiaomi poursuit l’optimisation de son noyau HyperCore afin de réduire la quantité de ressources mobilisées par le système. Pour y parvenir, la marque explique avoir analysé 168 scénarios d’utilisation courante, en mesurant le nombre d’instructions exécutées par les différents processus. L’objectif est d’identifier les opérations inutiles, les démarrages de services superflus ou les comportements anormaux susceptibles d’augmenter la consommation et de provoquer des ralentissements.
D’après les essais internes de Xiaomi, ce travail aurait permis de diminuer de 14,4 % le nombre total d’instructions exécutées. La baisse atteindrait 17,1 % dans certains scénarios impliquant les applications du système et 13,3 % avec les applications tierces. Ces chiffres devront naturellement être vérifiés sur des appareils commercialisés, mais ils montrent que la marque cherche moins à augmenter artificiellement la puissance qu’à mieux exploiter les ressources déjà disponibles.

HyperOS 4 introduit également un système de préchargement de la mémoire. Celui-ci apprend la manière dont chaque application utilise la mémoire vive et prépare en amont les ressources dont elle aura probablement besoin. Lors de l’ouverture de l’appareil photo, par exemple, le système peut réserver la mémoire nécessaire à l’affichage du viseur ou au passage du capteur arrière à la caméra frontale. Xiaomi annonce ainsi 27,2 % de mémoire disponible supplémentaire sur un Xiaomi 15 Pro après huit heures d’utilisation continue, par rapport à HyperOS 3.
Le constructeur a par ailleurs développé son propre environnement d’exécution pour alléger les applications système lorsqu’elles fonctionnent en arrière-plan. Le Bureau, la Météo et l’Album photo ont été réécrits pour en profiter. Sur ce dernier, Xiaomi revendique une réduction de 90 % du temps nécessaire à l’analyse de 10 000 photos, ainsi qu’une baisse de 28 % de l’utilisation du processeur et de 32 % de la mémoire. Dans l’ensemble, la marque mesure 28,9 % d’images perdues en moins sous forte charge et un gain d’autonomie de 0,26 heure selon son protocole interne.

Une interface plus personnalisable pensée pour tous les écrans
Les optimisations techniques permettent à Xiaomi de faire évoluer l’apparence du système sans sacrifier, en théorie, sa réactivité. HyperOS 4 adopte un nouveau matériau visuel baptisé « verre à lumière douce ». Cet effet adapte ses couleurs et sa transparence au contenu affiché, tout en réagissant aux interactions par des animations lumineuses. Sa disponibilité dépendra néanmoins de la puissance de l’appareil : Xiaomi le réserve notamment aux modèles équipés de certaines plateformes haut de gamme récentes.

L’écran de verrouillage gagne de nouvelles options de personnalisation, tandis que le bureau prend désormais en charge l’empilement de widgets. Plusieurs widgets peuvent ainsi occuper le même emplacement et être parcourus successivement, ce qui limite l’encombrement de l’écran d’accueil. Les dossiers deviennent également redimensionnables selon plusieurs formats, de 1 x 1 à 4 x 2.
Xiaomi retravaille aussi la présentation de ses applications pour conserver une hiérarchie claire sur des écrans de tailles et de proportions différentes. Cette approche est importante pour HyperOS, dont la vocation dépasse le smartphone. Le nouveau centre de gestion des appareils connectés adopte une organisation par catégories et permet d’épingler les équipements ou les scénarios les plus utilisés. Les personnes disposant de plusieurs comptes Mi Home pourront également passer plus facilement d’une liste d’appareils à une autre.

Super Xiao Ai 2.0 veut agir à la place de l’utilisateur
L’intelligence artificielle constitue le troisième pilier d’HyperOS 4. Super Xiao Ai 2.0 repose sur le modèle MiMo développé par Xiaomi et ne se limite plus à répondre à des questions. Son « mode expert » est conçu pour comprendre une demande, planifier les différentes étapes nécessaires, puis exécuter une tâche à travers plusieurs applications.
L’assistant peut, par exemple, rechercher une image dans l’album photo, retrouver des informations dans des SMS, organiser des éléments enregistrés en liste de tâches ou ajouter un rendez-vous au calendrier. Xiaomi annonce également une intégration avec plus de dix services tiers chinois, dont Alipay et Gaode Maps. Cette dépendance aux services locaux laisse toutefois planer une incertitude sur l’étendue des fonctions qui pourront être proposées en Europe.

L’interaction évolue elle aussi. L’avancement d’une tâche peut apparaître dans la Xiaomi Super Island pendant que l’utilisateur poursuit une autre activité. Une « boule d’inspiration » permet de désigner un élément affiché à l’écran afin que l’assistant comprenne précisément le contexte de la demande. Les notes vocales peuvent être transformées en comptes rendus, listes, cartes mentales ou documents structurés, tandis que l’enregistreur est capable d’identifier les points importants d’une réunion et d’ignorer les silences à la lecture.
Super Xiao Ai 2.0 doit enfin fonctionner au-delà des appareils mobiles. Grâce à l’application Xiaomi Connected Services, certaines tâches pourront être poursuivies entre un smartphone, un Mac ou un PC Windows. L’assistant pourra également rechercher un fichier présent sur un ordinateur et le transférer vers le téléphone. Xiaomi affirme encadrer ces fonctions par une gestion centralisée des autorisations, une confirmation avant toute modification, suppression ou transmission de données sensibles, ainsi qu’une authentification biométrique pour accéder aux informations personnelles protégées.

Une évolution ambitieuse, encore largement réservée à la Chine
Avec HyperOS 4, Xiaomi cherche à améliorer les fondations de son système autant que son apparence. La réduction de la charge, le préchargement de la mémoire et la réécriture de plusieurs applications pourraient produire des bénéfices concrets au quotidien, en particulier après plusieurs heures d’utilisation. Les nouveaux widgets et le centre de gestion des appareils renforcent de leur côté la cohérence d’un écosystème désormais étendu bien au-delà du smartphone.
Super Xiao Ai 2.0 apparaît comme la nouveauté la plus ambitieuse, mais aussi comme la plus dépendante du marché chinois et de ses services. Il faudra donc attendre les annonces concernant la version internationale pour connaître les fonctions réellement accessibles en France. En attendant, la bêta chinoise servira de premier test grandeur nature pour vérifier si les gains annoncés par Xiaomi se traduisent par une expérience sensiblement plus fluide et plus intelligente.

