Xiaomi vient de franchir une étape symbolique dans sa jeune histoire automobile. Le 17 août 2026, le constructeur chinois a annoncé avoir livré plus de 500 000 exemplaires de la famille SU7 en Chine. Un résultat atteint environ 28,5 mois après le lancement commercial de sa première voiture électrique.
Dévoilée comme une berline électrique à vocation technologique et sportive, la SU7 devait permettre à Xiaomi de transposer son écosystème logiciel et son savoir-faire industriel dans un marché automobile chinois particulièrement concurrentiel. Deux ans plus tard, les chiffres montrent que le projet a dépassé le stade de l’expérimentation : la SU7 s’est installée parmi les berlines électriques les plus importantes de son segment.

De zéro à 500 000 livraisons en moins de deux ans et demi
La première génération de la Xiaomi SU7 a été officiellement lancée le 28 mars 2024. Les livraisons aux premiers clients ont débuté quelques jours plus tard, le 3 avril. Dès le 13 novembre de la même année, Xiaomi annonçait la sortie d’usine de son 100 000e véhicule, seulement 230 jours après le démarrage des livraisons.
La progression s’est ensuite poursuivie à un rythme soutenu. Au 17 août 2026, la gamme SU7 avait dépassé les 500 000 unités livrées, soit une moyenne théorique supérieure à 17 000 véhicules par mois depuis son lancement. Ce calcul permet de mesurer la montée en puissance du modèle, même si les volumes ont naturellement évolué au fil des mois et de l’augmentation des capacités industrielles.

La performance est d’autant plus notable que la SU7 constitue la première incursion de Xiaomi dans l’automobile. Le constructeur affirme également qu’elle est devenue, en 2025, la berline la plus vendue en Chine parmi les modèles proposés à plus de 200 000 yuans. Ce seuil correspond à un segment déjà relativement haut de gamme sur le marché chinois, où la concurrence réunit aussi bien des constructeurs historiques que de nombreuses marques spécialisées dans les véhicules électriques.
Les données communiquées pour juillet 2026 confirment cette dynamique. Xiaomi aurait écoulé 21 044 SU7 au cours du mois, permettant à la berline de conserver pendant quatre mois consécutifs la première place de sa catégorie tarifaire. Sur les sept premiers mois de l’année, ses livraisons auraient atteint 101 540 unités. Et également, les livraisons cumulées de l’ensemble des véhicules électriques de Xiaomi dépassent désormais 760 000 exemplaires.

Une nouvelle génération déjà bien installée
Le catalogue s’est progressivement étoffé autour de la SU7. Xiaomi a notamment lancé la SU7 Ultra le 27 février 2025. Positionnée comme la déclinaison la plus performante de la famille, celle-ci aurait dépassé les 10 000 commandes confirmées quelques jours seulement après sa commercialisation.
Une nouvelle génération de la SU7 a ensuite été présentée le 19 mars 2026. Xiaomi évoque 80 000 commandes confirmées durant la période de lancement, un chiffre qui témoigne de l’intérêt déjà construit autour du modèle. En avril, Reuters indiquait que 26 000 exemplaires de cette version modernisée avaient été livrés et que son carnet de commandes dépassait alors les 60 000 unités.
Cette continuité commerciale est importante. Dans un marché chinois où les nouveautés se succèdent très rapidement, le renouvellement d’un véhicule peut provoquer une période d’attentisme chez les acheteurs. La SU7 semble au contraire avoir conservé une demande élevée au moment du passage entre les deux générations.

Xiaomi s’appuie aussi sur une image de berline destinée aux conducteurs. Le constructeur utilise notamment la piste pour mettre en avant le travail réalisé sur le châssis, la motorisation électrique et la stabilité à haute vitesse. La première SU7 Max avait ainsi signé un tour en 1 minute 42 secondes et 163 millièmes sur le circuit international du Zhejiang. La nouvelle génération aurait abaissé ce temps à 1 minute 37 secondes et 974 millièmes.
La SU7 Ultra occupe une place centrale dans cette stratégie. En juin 2025, elle a enregistré un temps de 7 minutes 04 secondes et 957 millièmes sur la boucle nord du Nürburgring. Selon Xiaomi, cette performance constituait alors un record pour une voiture électrique de série et pour une berline quatre portes de production. Ces résultats ne déterminent évidemment pas l’usage quotidien de la voiture, mais ils participent à crédibiliser son positionnement sportif.

La sécurité et la qualité, des enjeux devenus déterminants
Au-delà des performances et des ventes, Xiaomi insiste fortement sur la sécurité de la SU7. La première génération a obtenu une notation cinq étoiles au protocole chinois C-NCAP ainsi que plusieurs distinctions décernées par des organismes locaux spécialisés dans les crash-tests, la structure des carrosseries et les systèmes d’aide à la conduite.
Sur la nouvelle génération, Xiaomi annonce notamment l’utilisation d’acier à très haute résistance de 2 200 MPa, neuf airbags, une protection renforcée sous la batterie et une traverse anti-frottement en acier de 1 500 MPa. Le mégapascal, ou MPa, mesure ici la résistance du matériau à la déformation. Plus cette valeur est élevée, plus l’acier peut contribuer à maintenir la structure de l’habitacle lors d’un choc, à condition d’être correctement intégré à la conception générale du véhicule.
Le constructeur met également en avant une triple redondance pour l’ouverture des portes. L’objectif est de conserver plusieurs possibilités de déverrouillage en cas de collision ou de coupure de l’alimentation électrique. Ce sujet est particulièrement sensible pour Xiaomi, après plusieurs accidents ayant conduit la marque à renforcer sa communication et ses dispositifs de sécurité. En février 2026, Xiaomi avait notamment annoncé la création d’un comité consultatif consacré à ce domaine.

La fidélité des acheteurs se mesure enfin à travers la valeur résiduelle, c’est-à-dire la valeur estimée d’un véhicule sur le marché de l’occasion après une certaine durée. D’après un rapport publié en juillet 2026 par la China Automobile Dealers Association et Jingzhengu, puis repris par Xiaomi, la SU7 conserverait 75,3 % de sa valeur après un an. Elle se placerait ainsi en tête des berlines électriques présentes dans ce classement.
Le constructeur cite également les études chinoises NEV-APEAL et NEV-IQS de J.D. Power. La première mesure l’attrait exercé par un véhicule auprès de ses propriétaires, tandis que la seconde se concentre sur les problèmes rencontrés durant les premiers mois d’utilisation. Selon Xiaomi, la première SU7 aurait terminé en tête de sa catégorie pendant deux années consécutives dans ces deux enquêtes.

Un premier modèle devenu essentiel pour Xiaomi
Atteindre 500 000 livraisons en 28,5 mois constitue un résultat important pour un constructeur automobile aussi récent. La SU7 a permis à Xiaomi de bâtir rapidement une crédibilité dans la voiture électrique, tout en dépassant le cercle des utilisateurs déjà familiers de ses smartphones et de ses objets connectés.
Ce succès reste pour le moment principalement chinois. Xiaomi prépare toutefois son développement international et vise une arrivée de ses voitures électriques en Europe à partir de 2027. Avant cette échéance, la marque devra continuer à augmenter sa capacité de production, maintenir la qualité de ses véhicules et répondre aux attentes croissantes en matière de sécurité.
Le cap du demi-million ne représente donc pas seulement un record commercial. Il confirme que la SU7 est devenue un produit structurant pour Xiaomi et une concurrente durable sur le marché chinois des berlines électriques. Le prochain enjeu sera de déterminer si cette réussite peut être reproduite avec les autres modèles de la marque, puis en dehors de Chine.
